Doit-on faire le deuil de l’égo ?

« L’égo n’est qu’une ombre, une obsession et une illusion.
Tout vie est une, et c’est toi-même. » Swâmi Râmdâs, philosophe indien.

Souvent associé à la fierté ou l’arrogance, l’égo est-il un frein dans notre quête de développement personnel et professionnel ou est-il simplement mal compris ? Doit-on l’apprivoiser ou le tuer pour atteindre une vie plus épanouie et authentique ?

Notre égo : ami ou ennemi ?

L’égo est en charge de notre perception de nous-mêmes. Il joue un rôle fondamental dans la formation de notre identité personnelle, et influence notre manière d’interagir avec le monde extérieur.

Qu’est-ce que j’aime ? Qu’est-ce que je n’aime pas ?  

L’égo est cette conscience de soi qui inclut nos pensées, nos sentiments, et notre image de nous-mêmes. C’est ce à quoi on se rattache pour se définir, comme si notre identité était figée et écrite alors qu’elle est en mouvement et en évolution perpétuelle, comme si nous étions nos pensées alors que nous sommes l’être pensant qui a ses pensées.

L’égo répond à un besoin de survie, il a pour rôle de nous protéger du monde extérieur autrement dit tout ce qui est inconnu, tout ce qui change. Tout changement bloque l’égo car il met en danger sa structure, ses fondations et ce qu’il essaie de garder comme stable. A force de se protéger, l’égo nourrit les illusions et nous empêche d’accéder à nos ombres, nos défauts ou nos faiblesses pour les améliorer.

L’ego est cette voix intérieure qui nous pousse à nous affirmer, à nous protéger et à chercher la reconnaissance. Il veut être super sur tous les plans et il réagit à la critique que celle-ci soit positive ou négative. Il se positionne sur un continuum entre orgueil et arrogance d’un côté, confiance en soi et reconnaissance de sa valeur de l’autre.

Faut-il faire le deuil de l’égo ?

Faire le deuil de l’égo ne signifie pas le détruire dans son intégralité ou annihiler notre identité. Il est indispensable à notre fonctionnement, vivre sans lui est impossible. Or, il peut aussi devenir un obstacle à notre épanouissement personnel et à nos relations avec les autres. Il s’agit de transcender cette part toujours en quête de validation et l’atténuer en prenant un chemin de désillusions et d’acceptation.

Quels sont les bénéfices d’un travail sur l’égo ?

  • Améliorer nos relations : Lorsque notre égo est équilibré, nous sommes moins en recherche d’une constante reconnaissance de la part d’autrui. Alors, nous devenons plus ouverts aux autres et plus enclins à les écouter et les comprendre. Nos relations deviennent plus profondes et authentiques.
  • Croissance personnelle : Un égo surdimensionné est un frein pour reconnaître nos erreurs. Ainsi, nous nous privons de l’opportunité d’en tirer des apprentissages et de transformer l’échec en enseignement. Si nous acceptons les critiques et nos imperfections, nous nous autorisons à apprendre, à nous remettre en question et à s’adapter au changement.

Comment faire le deuil de son égo ? 

Travailler sur soi en autonomie ou dans un accompagnement thérapeutique nous permet d’aller rencontrer notre égo avec ses beaux et ses moins beaux côtés pour le comprendre et le laisser (ou le remettre) à sa juste place. En regardant son fonctionnement, nous réduisons son importance et ses dérives pour trouver le juste équilibre où l’égo ne domine pas nos pensées et nos actions :

  • ni trop pour ne pas s’enfermer dans une prison autogénérée par nos attentes et nos illusions,
  • ni pas assez pour éviter de tomber dans une négation et une faible estime de soi.

Rester dans une zone de confort inconfortable… Par refus du changement, l’égo nous maintient à une place où l’on ne se sent pas bien. Les illusions générées par notre égo sont sources de souffrance (je ne suis pas comme ceci, pas cela, je dois être plus, mieux…). Regarder cet égo, c’est démasquer cet imposteur en nous pour vivre de manière plus authentique et harmonieuse en adéquation avec notre véritable nature et le monde qui nous entoure.

C’est un cadeau que l’on se fait à soi-même, où l’on troque les masques et les armes pour la reconnaissance de notre valeur et celle des autres, pour l’acceptation de nos imperfections et celles des autres comme des opportunités d’apprentissage.

  • Pratiquer la méditation ou la pleine conscience régulièrement permet d’observer sans jugement notre fonctionnement et de déceler les pensées et comportements liés à l’égo.
  • Etre humble et intégrer que nous sommes des éternels apprenants. Avec cette philosophie, nous sommes plus à même de nous remettre en question et d’intégrer le changement comme un bienfait dans notre quête d’évolution personnelle et / ou professionnel. Loin de nous mettre en danger, le changement nous connecte à l’innovation et la résilience.
  • Les critiques ne sont pas les mots les plus appréciables à recevoir. Pour autant, l’autre nous fait le cadeau de son honnêteté, il nous offre de la matière première pour regarder notre égo, le surmonter et le transcender. Profitons de cette occasion qui nous est donné et tirons parti des critiques constructives (avec des personnes ressources, bien entendu, il ne s’agit pas de se laisser marcher dessus par une personne qui voudrait vous nuire…)

Faire le deuil de l’égo demande un engagement de notre part. C’est un travail introspectif constant qui demande une volonté de se regarder avec bienveillance pour changer nos comportements profondément enracinés. Les doutes et la résistance sont inévitables, mais chaque petit progrès compte.

En conclusion, ce travail de deuil de l’égo nous permet d’accéder à notre être avec plus de profondeur en quittant les réflexions de surface. En questionnant l’identité auquel nous étions attaché jusqu’ici, nous réduisons l’influence de notre égo dans nos choix et nos croyances, c’est un pas de plus vers plus d’épanouissement au quotidien.

Ce processus nous invite à cheminer d’un état de résistance vers plus de résilience, c’est un voyage vers plus d’authenticité, de sérénité et d’harmonie dans nos relations.

Pour approfondir ce sujet du deuil de l’égo, ses impacts et ses bénéfices, je vous invite à rejoindre ma conversation avec Amandine Degraeve, kinésiologue, dans l’épisode n°55 du podcast Holi&Thanato.


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