Soutenir nos proches en deuil, vulnérables ou en difficulté

Face à la souffrance, un besoin de lien.
Face à la douleur, une main tendue.

Le deuil éveille un profond besoin de consolation. Pourtant, soutenir un proche endeuillé est difficile : entre maladresses, peur de mal faire, ou simple ignorance, beaucoup hésitent à agir ou se retirent.

Comment réagir face au deuil ?

Face à la douleur d’un proche endeuillé, nous voulons aider, consoler et apaiser. Mais nous a-t-on appris comment faire, quoi dire et quoi faire ? Est-ce qu’il existe un mode d’emploi à suivre pour éviter les maladresses ? Rappelons que le deuil est un processus complexe et profondément personnel. Ainsi, il est difficile de calquer un modèle similaire pour tous et toutes.

C’est quoi une posture soutenante ?

Une posture soutenante repose avant tout sur l’empathie et le respect du cheminement unique de la personne endeuillée. Cela signifie être humble, en reconnaissant que nous ne pouvons pas résoudre la douleur, mais seulement l’écouter, l’accompagner, la recevoir.

Consoler ne signifie pas effacer la peine ou offrir une solution immédiate, il s’agit de souhaiter soulager une peine comme Christophe André peut l’exprimer dans son livre « Consolations ».

  • Souhaiter signifie que nous ne sommes pas certain du résultat,
  • Soulager ne veut pas dire efface mais alléger, accepter, consentir, adoucir…

Il s’agit d’offrir une présence bienveillante, sans chercher à imposer des solutions ou des conseils en gardant à l’esprit que chaque deuil est unique : ce qui a fonctionné pour nous ou d’autres ne correspond pas forcément à l’autre.

Pour offrir un véritable soutien, il faut être là, tout simplement :

  • Écouter activement : ne pas interrompre, ne pas minimiser, ne pas détourner le sujet. Laisser la personne exprimer sa peine, ses émotions ou même son silence.
  • Valider les émotions : « Je comprends que cela doit être difficile pour toi » est bien plus aidant que « Tu verras, ça ira mieux avec le temps. »
  • Rester dans l’instant : plutôt que de chercher à consoler ou de vouloir résoudre la situation comme si le deuil était un problème, accompagnez l’autre là où il en est.
  • Respecter le rythme de chacun : une consolation prématurée pourrait même être contre-productive.

Ne pas projeter notre vécu !

Comme nous n’avons pas de mode d’emploi universel pour soutenir et consoler les personnes endeuillées, nous nous referons très souvent à notre propre référentielle pour se faire une idée des expériences de l’autre, de ses attentes ou de ses besoins.

Bien que notre intention soit bienveillante, le résultat fait mouche car, rappelons une fois de plus, que le deuil est un processus universel au vécu personnel et intime . En projetant nos expériences, nous projetons notre vécu de deuil sur le fonctionnement individuel de notre proche et sa propre expérience de deuil.

  • Évitez les phrases comme « Je sais ce que tu ressens« , « Si j’étais toi, je ferai ceci ou je ne ferai pas cela » ou « Quand j’ai perdu quelqu’un, j’ai fait ceci ou cela« 
  • Ne présumez pas de ses besoins : demandez plutôt comment vous pouvez être utile, ou proposez des actions concrètes sans les imposer (« Je peux faire tes courses cette semaine si tu veux« ).

Rester présent dans le temps

Instinctivement, nous pensons que la peine est la plus douloureuse dans les premiers temps du deuil puis derrière vient la prise de conscience, l’habituation et l’acceptation. C’est une mauvaise connaissance du processus de deuil !

Comme Christophe Fauré l’exprime très justement dans son ouvrage « Vivre le deuil au jour le jour« , la douleur est bien plus intense autour de la première année car, c’est le rappel de l’absence et qu’un cycle entier a été parcouru en l’absence de l’être cher décédé.

Pour être vraiment soutenant(e), il est important de rester présent(e) dans le temps :

  • en prenant des nouvelles régulièrement, même plusieurs mois après
  • en se rappelant des dates importantes comme les anniversaires, les fêtes, la rentrée scolaire, Noel… pour envoyer un message ou passer un appel et exprimer que vous pensez à cette personne
  • en faisant des propositions selon les besoins de la personne : une oreille attentive, une présence silencieuse, une compagnie en balade, une aide pour le ménage, une complice pour regarder les photos…

[Dans l’épisode n°83, je vous donne quelques exemples et une boussole pour définir l’attitude la plus juste selon les besoins de la personne.]

Ces attitudes soutenantes sont de vraies soupapes pour les endeuillés car, elles vont à l’inverse de l’injonction qu’ils reçoivent trop souvent : « Il faut tourner la page« , « Allez la vie reprend son cours« …

Consoler, un acte d’humanité

Pour reprendre les 4A de Christophe André, nous pourrions dire qu’une posture soutenante apporte de :

  1. L’Affection : une chaleur humaine, de la sincérité, une présence, un câlin,
  2. L’Attention : être attentif aux besoins spécifiques de la personne et l’aider à les identifier,
  3. L’Action : des petits gestes concrets comme aider dans les tâches quotidiennes, apporter un plat, proposer un événement…
  4. L’Acceptation : reconnaître que la douleur fait partie du chemin et que notre rôle n’est ni de la nier, ni de l’accélérer mais d’être là.

Et si vous n’y arrivez pas, ce n’est pas grave

Si vous ne trouvez pas les mots, si vous ne vous sentez pas outillé(e), si vous n’êtes pas disponible car vous traversez une phase personnelle difficile, alors soyez simplement honnête sur ce qui vous traverse :

  • « J’aimerai être présent(e) à tes côtés mais je ne sais pas comment réagir, j’ai peur de te blesser, je ne sais pas s’il faut parler du décès ou si tu as envie de parler d’autre chose, dis moi comment je peux réagir pour te soutenir sur ton chemin de deuil »
  • ou « Tu sais je pense beaucoup à toi mais la situation que tu traverses est trop impactante pour toi, j’ai du mal à être présent(e) à tes côtés en parallèle de ce que je vis actuellement. Je ne veux pas t’apporter des énergies lourdes et négatives. Par contre, si tu souhaites sortir te balader, je t’accompagnerai avec plaisir, je me sentirai plus soutenante dans ce rôle. »

Soutenir quelqu’un dans son chemin de deuil peut être éprouvant. Il est important de reconnaître quand vous êtes dépassé par les événements. Si vous sentez que la douleur de l’autre devient trop lourde à porter, n’hésitez pas à orienter vers un professionnel.le du deuil ou un psychologue.

De plus, ne culpabilisez pas si vous ne pouvez pas tout faire. Être présent avec sincérité est souvent plus précieux que de multiplier les gestes.

Soutenir et consoler une personne endeuillée demande de sortir de notre zone de confort : c’est un acte humble, souvent incertain mais surtout profondément humain !

Il ne s’agit pas d’apporter des réponses ou des solutions, mais d’être présent et attentif. Parfois, un simple « Je suis là pour toi » dit avec sincérité vaut bien plus que des discours et des conseils non demandés… Accompagner le deuil, c’est avant tout reconnaître que ce chemin est unique et que notre rôle est d’offrir une présence bienveillante, dans le respect des besoins de la personne.

Afin de vous outiller pour offrir une présence soutenante à vos proches en deuil ou en situation de vulnérabilité, je vous propose une conférence en ligne le jeudi 27 février à 12h30. Retrouvez toutes les informations et réservez votre place sur ce lien.



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