Traverser le deuil au quotidien est déjà éprouvant. Les fêtes de fin d’année sont souvent associées à des moments de joie, de partage et de célébration. Pourtant, pour celles et ceux qui traversent un deuil, cette période peut être particulièrement douloureuse.
Entre les attentes sociales, les souvenirs ravivés et l’absence criante de l’être cher, ces moments festifs peuvent se transformer en épreuve. Comment traverser ces fêtes tout en respectant son deuil et ses émotions ? Voici quelques réflexions et pistes pour vous accompagner.

Le poids des fêtes sur le cœur endeuillé
Les fêtes amplifient souvent le sentiment de manque et de solitude. En famille ou entre amis, des traditions ou rituels anciens peuvent souligner l’absence de la personne disparue. Cette intensité émotionnelle s’ajoute à la pression sociale d’être « joyeux » ou de « tourner la page ».
Pour beaucoup, le contraste entre les festivités extérieures et la douleur intérieure peut entraîner :
- Un retrait : éviter les célébrations pour ne pas affronter les souvenirs ou les questions des proches.
- Un sentiment de culpabilité : participer aux festivités comme une trahison du défunt.
- Une peur de l’incompréhension : les réactions des autres face au deuil ne sont pas toujours bienveillantes ou adaptées.
Ces sentiments sont normaux et méritent d’être accueillis avec bienveillance.

Faire ou ne pas faire Noël ?
- S’écouter et respecter ses besoins :
- Accueillez vos ressentis, quels qu’ils soient tristesse, colère, nostalgie, ou même une envie de vivre ces fêtes malgré tout. Il est également permis de rire ou de vivre des moments de joie sans culpabilité. Rien n’est « bien » ou « mal », chaque personne vit son deuil de façon unique.
- Prenez le temps de vous poser cette question : Qu’est-ce qui serait le plus doux pour moi cette année ?
- Redéfinir les fêtes : créez de nouvelles manières de vivre cette période.
- Simplifiez les célébrations et refusez les grands repas.
- Créez un moment de mémoire : allumez une bougie en l’honneur du défunt, partagez des souvenirs avec des proches, ou écrivez une lettre à la personne disparue.
- Changez de décor : si rester dans le même lieu ou suivre les mêmes rituels est trop difficile, envisagez de voyager ou de célébrer ailleurs.
- Accepter de dire non et refuser une invitation si vous ne vous sentez pas prêt(e), expliquez à vos proches que vous avez besoin de temps, d’un autre cadre, de changement…
- Faire vivre la mémoire du défunt pendant les fêtes :
- Un rituel symbolique : Planter un arbre, écrire un poème, ou cuisiner son plat préféré.
- Une place : Garder une chaise vide ou poser une photo pour marquer sa présence.
- Un moment de partage : Raconter une anecdote ou un souvenir heureux.
Une pensée pour vous ✨
Traverser les fêtes en étant endeuillé est une épreuve, mais c’est aussi une occasion de se reconnecter à ce qui compte profondément. Petit à petit, vous trouverez un équilibre entre le souvenir et la vie.
Alors que ce soir, les rues sont animées, que les tables se dressent et que l’excitation des fêtes envahit les foyers, je me permets de prendre un instant pour penser à celles et ceux pour qui ce réveillon est teinté de tristesse, de solitude, de souffrance ou de questions sans réponse.
Parce qu’à côté des sourires, des retrouvailles et des rires partagés, il y a aussi celles et ceux qui traversent des épreuves silencieuses, invisibles aux yeux de beaucoup. Ce mot, je l’écris pour vous, qui êtes peut-être en train de lutter, de vous reconstruire ou simplement de survivre.
À celles et ceux qui ont perdu un être cher cette année…
Je pense d’abord à toutes celles et ceux qui ont dit adieu à un être cher cette année. Les fêtes, normalement synonymes de rassemblement et de joie, deviennent cette année un moment de silence lourd et de souvenirs poignants. La douleur de l’absence est doublement accentuée pendant ces jours de célébration.
À celles et ceux qui vont devoir affronter ces journées sans la présence de cette personne, à celles et ceux qui, chaque minute, ressentent ce vide immense et inexprimable, je vous adresse toute ma solidarité.
La perte n’a pas de calendrier et elle n’est pas effacée par les feux d’artifice et les lumières de Noël. C’est un travail quotidien de réapprendre à vivre avec ce vide, à apprendre à respirer à nouveau sans cette personne, même si, parfois, la douleur est telle qu’elle semble tout englober.
À celles et ceux qui n’ont pas envie de faire les fêtes…
Je pense aussi à celles et ceux qui, pour une raison ou pour une autre, n’ont pas envie de célébrer les fêtes cette année. Celles et ceux qui sont fatigués de se forcer, de sourire quand le cœur est ailleurs, celles et ceux qui ressentent une pression immense pour « être heureux » parce que c’est ce qu’on attend d’eux. Les fêtes peuvent parfois être un fardeau, particulièrement lorsqu’on est en quête de sens ou d’une paix intérieure qui semble se dérober.
Pour celles et ceux qui préfèrent s’isoler, ne pas participer, ou qui, tout simplement, ne savent pas comment s’ouvrir à la joie alors qu’ils traversent des périodes de doute, d’épuisement, ou de tristesse, sachez qu’il est parfaitement acceptable de ne pas « suivre le mouvement ». Vous n’êtes pas seuls dans cette démarche, et vous avez le droit de vivre ce moment selon vos besoins, sans culpabilité.
À ceux qui ont une santé mentale fragile…
Les fêtes, pour ceux qui ont une santé mentale fragile, peuvent être un véritable défi. L’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil, le stress post-traumatique ou les troubles de l’humeur peuvent se raviver dans cet environnement qui met l’accent sur l’apparence de la joie et du bonheur. Le contraste entre ce que vous ressentez intérieurement et ce que le monde semble attendre de vous peut être difficile à supporter. Les pensées envahissantes, les émotions incontrôlables, l’impression de ne jamais pouvoir être à la hauteur de ce qu’on attend de vous pendant cette période, tout cela peut vous submerger. À vous qui êtes fatigués de porter ce masque, sachez que vos émotions sont valides, que vous avez le droit de prendre soin de vous, de vous accorder des moments de répit et de vous entourer de bienveillance, même si cela signifie vous éloigner de l’agitation festive.
À celles et ceux qui ont vécu des séparations…
Une pensée également pour celles et ceux qui ont traversé une séparation cette année – qu’elle soit amoureuse, familiale ou amicale. Les ruptures, qu’elles soient récentes ou plus anciennes, viennent secouer nos repères, et les fêtes de fin d’année, avec leur insistance sur la famille, le couple ou les retrouvailles, peuvent rendre cette période particulièrement difficile.
Se retrouver seul(e) pendant ces moments qui sont censés être partagés peut exacerber un sentiment de solitude ou de dévalorisation. À celles et ceux qui se demandent comment survivre à ce réveillon sans l’autre, je vous envoie mes pensées les plus sincères. Même si ce moment est douloureux, sachez qu’il n’est qu’un chapitre d’une histoire plus grande. La reconstruction prend du temps, mais chaque étape, aussi petite soit-elle, vous rapproche de vous-même.
À celles et ceux qui ont un proche malade ou en fin de vie…
Je pense profondément à celles et ceux qui ont un proche malade ou en fin de vie. Ces fêtes, qui devraient être un moment de joie partagée, se transforment en un instant suspendu, où l’on prend chaque moment avec l’être aimé comme un cadeau précieux, mais aussi comme une épreuve.
Voir un proche souffrir ou se préparer à partir, c’est vivre avec l’incertitude et l’angoisse du temps qui nous échappe. À celles et ceux qui s’apprêtent à passer un Noël, un réveillon, une fête, en sachant que ce pourrait être la dernière, sachez que la douleur de l’attente, du changement, et de la séparation est profondément respectée.
Ces moments sont précieux et bouleversants, et même si le monde continue de tourner à l’extérieur, vos émotions et vos besoins en tant qu’aidants sont légitimes et doivent être pris en compte.

À celles et ceux qui traversent un deuil, quel qu’il soit…
Enfin, une pensée pour ceux qui traversent un deuil, quel qu’il soit. Le deuil ne concerne pas uniquement la perte d’un être cher, il peut aussi être lié à la perte de soi, d’une illusion, d’une époque de la vie, d’une relation, ou même d’un projet de vie.
Quel que soit le deuil que vous traversez, sachez qu’il est normal de ressentir une douleur intense, surtout en cette période où la fête et le bonheur semblent obligatoires. Il n’y a pas de « bonne » manière de vivre un deuil, il n’y a que votre manière à vous.
Les vagues de tristesse, de colère, de nostalgie, de désespoir sont légitimes. Ne vous forcez pas à être ce que les autres attendent de vous. Soyez dans l’instant, soyez dans ce que vous ressentez, et si vous avez besoin de vous éloigner, de pleurer ou de parler, n’hésitez pas.
À toutes et à tous, que vous soyez dans l’une de ces situations ou que vous portiez d’autres fardeaux invisibles, je vous adresse toute ma bienveillance. Ce réveillon peut être difficile, mais il ne définit pas votre vie. À celles et ceux qui souffrent, à celles et ceux qui se battent pour simplement passer à travers cette période, sachez que vous n’êtes pas seul(e)s. Prenez soin de vous, faites preuve de douceur envers vous-même, et souvenez-vous que, malgré tout, la lumière peut se trouver même dans les moments sombres.
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