Sur le chemin du deuil, chacun son tempo !

Ces deux journées consécutives, la Toussaint le 1er novembre et la Fête des morts le 2 novembre, sont associées à nos défunts. Pour certains, c’est un hommage à celles et ceux qui ne sont plus là, pour d’autres, c’est une période sombre où la douleur se fait plus intense.

Ces temps de mémoire mettent en lumière les différents façons de percevoir et de vivre le deuil.

Le deuil n’a pas de mode d’emploi et pourtant, la pluralité des rythmes et des besoins n’est pas toujours respectée et prise en considération.

Le rythme du deuil : unique ou multiple ?

Quand un être cher décède, nos proches veulent nous soutenir et nous consoler. Pour cela, ils s’arment de bienveillance et nous offrent leurs meilleurs conseils : « si j’étais à ta place…« , « tu devrais…« , « tu ne vas pas laisser ses affaires, je vais t’aider« , « tu as besoin de te changer les idées« …

Ce qu’on oublie à ce moment, c’est que chaque deuil est unique, chaque endeuillé(e) vit sa peine et la rupture du lien d’attachement avec le défunt à sa manière et avec ses impacts. Autrement dit, chaque personne doit trouver son rythme de deuil.

Certaines personnes se surinvestiront dans le travail, dans une (nouvelle) passion ou dans la création d’une association en lien avec ce décès. D’autres vivront comme si rien n’était en apparence ou auront besoin d’en parler en permanence. Il n’y a ni formule magique, ni mode d’emploi dans le deuil, il existe des points de repères et des modèles qui nous aident à comprendre et baliser le chemin de deuil. Pour approfondir ce point, vous pouvez lire cet article sur les étapes du deuil ou celui-ci.

Pourquoi est-ce important de savoir qu’il n’y a pas un chemin et un rythme de deuil uniques ?

Les phrases citées précédemment sont des exemples de nos propres projections. Grossièrement, voici le schéma : parce que nous avons vécu notre deuil de cette manière, alors nous projetons ce besoin ou cette pensée sur notre proche. Mais nous oublions une étape fondamentale : de quoi notre proche a-t-il besoin ?

Voici une boussole qui vous donnera un point de repère pour découvrir le rythme actuel de votre proche et les besoins associés : Cette personne a-t-elle besoin d’être seule ou d’avoir de la compagnie ? A-t-elle besoin de se changer les idées et de se divertir ou de plonger profondément dans ce deuil dans une dynamique d’introspection ?

En fonction des réponses de la personne, voici une liste non exhaustive de propositions que vous pouvez faire à cette personne endeuillée tout en respectant ses besoins du moment :

Reste seule (présence à soi)Besoin de compagnie
Introspection (comprendre l’événement)Lire un livre, écouter un podcast, se former / s’informer sur le deuil pour chercher un sens au décès, méditer, faire du yoga, se renseigner sur les accompagnements thérapeutiques, extérioriser avec créativité (carnet de deuil, journaling, mandalas, rituels), utiliser son corps, sa voix (sport, chant, danse…), se créer un espace ressource…Passer un moment entre amis pour parler du défunt, aller ensemble dans un lieu symbolique, participer à un groupe de soutien pour le deuil, réaliser un rituel pour honorer le défunt, participer à une marche…
Divertissement (ne pas se confronter à la réalité de la perte)Prendre un bain, se faire un soin corporel, dormir ou se reposer, faire du tricot, de la poterie, de la peinture, du scrapbooking, regarder un film, lire un livre (sans lien avec le deuil), faire du changement dans la maison (décoration, rénovation), nourrir ses passions, réaliser un vision board, travailler son ancrage (jardin, balade, nature)Passer un moment pour se changer les idées, partir en weekend ou en voyage, se divertir au cinéma, au théâtre ou à un événement, aller manger au restaurant, retrouver l’esprit d’équipe au bureau

En prenant le temps d’identifier les besoins de votre proche endeuillé, vous serez plus à même d’y répondre adéquatement et de l’aider efficacement sur son chemin de deuil sans projeter votre propre vécu de deuil ou vos croyances à ce sujet.

Pour vous sentir plus équipé(e) pour consoler et accompagner une personne endeuillée, qu’il s’agisse du décès d’un être cher ou d’une difficulté de vie, nous avons créé l’atelier « Soutenir une personne endeuillée » avec Sandrine Lot, coach spécialiste du deuil, afin de vous fournir les outils et ressources pertinentes pour offrir un soutien pertinent. Infos et réservation pour cet événement du 29 novembre à Lille ⛓️‍💥

La première année du deuil

Après le décès d’un être cher, on entend parler de la première année du deuil.

Il ne s’agit pas de dire que le deuil dure un an mais plutôt que cette première année est un parcours où chaque journée sera vécue en l’absence de cet être cher : premier anniversaire, le tien, premier Noel, premières fêtes jusqu’à la date du décès.

Au bout de 365 jours, c’est un cycle entier des saisons qui aura été vécu sans lui ou sans elle. Socialement, on s’attend à ce que la blessure du deuil soit cicatrisée et que la perte soit intégrée. Le deuil ne suit pas de chronologie universelle : il fluctue, se replie, resurgit.

A l’approche de la Toussaint ou de la fête des morts, il est bon de se rappeler que chaque deuil est unique, qu’il n’existe pas une seule manière de dire au revoir et que cette période sera perçue et vécue selon chaque endeuillé. Il n’y a pas de rituel type pour cette journée, sauf ceux fournis par les instances religieuses.

Allumer une bougie, fleurir les tombes, écrire une lettre, préparer le repas préféré de l’être décédée, aller sur un lieu symbolique pour vous, planter un arbre, se faire tatouer… A vous de trouver votre rituel !

Le numérique, un espace respectueux du rythme de chaque endeuillé.e

Comme vous l’aurez compris, certaines personnes trouveront du réconfort dans la solitude, d’autres dans le partage. Certains ressentiront le besoin d’en parler ouvertement, d’autres de garder leurs souvenirs intimes. Certains chercheront à se changer les idées, quand d’autres auront besoin de revivre et d’accepter leurs émotions.

Ce respect de la diversité des besoins et du rythme de chacun est au cœur de l’expérience proposée par la plateforme Ressort, qui permet à chacun de vivre son deuil sans contrainte et sans tabou.

J’ai eu le plaisir de partager mon micro avec Caroline et Tiffany, fondatrice de Ressort, elles-mêmes touchées par le deuil de leur conjoint. Elles ont créées ce qu’elles auraient aimé trouver sur leur chemin de deuil : une communauté de soutien au rythme unique de chacun pour partager leur vécu et explorer des ressources pratiques.

Le deuil est un voyage personnel, un chemin qui ne peut être forcé ou abrégé. Il mérite un espace pour s’exprimer, un soutien pour s’alléger, un accompagnement chacun à son rythme et dans le respect des besoins intimes de chaque individu.

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