Le mois d’Octobre touche à sa fin et avec lui les différentes actions menées pour Octobre Rose.
En effet, nous pouvons voir que le cancer du sein bénéficie d’une visibilité toujours plus grande d’année en année et tant mieux ! Pour autant, certaines maladies restent inconnues, non médiatisées et dans l’ombre, ce qui empêche le plus grand nombre d’être sensibilisé, dépisté ou même de trouver plus de financements pour la recherche.
Néanmoins, il est important de garder à l’esprit que :
- la sensibilisation pour le cancer du sein ne se limite pas du 1 au 31 octobre,
- l’hommage pour nos défunts n’est pas réduit à la Toussaint ou la fête des morts,
- les journées nationales ou internationales ne sont pas l’unique occasion de parler de : veuvage, deuil périnatal, endométriose… et tant d’autres sujets !

Octobre rose : Tous ensemble contre le cancer du sein 🎗️
Octobre Rose est devenu un mois pour sensibiliser au cancer du sein, un temps pour briser les tabous, partager des ressources comme la palpation et encourager les femmes au dépistage.
Pour clôturer cette campagne nationale, je souhaitais véhiculer un message inspirant et partager mon micro avec Victorine Boyer. Victime d’un cancer de l’utérus à 27 ans puis d’un cancer du sein à 30 ans, elle est aujourd’hui en rémission.
Sur ces réseaux sociaux, elle prend la parole toute l’année 365 jours sur 365 tant sur la prévention mais aussi sur l’envers du décor quand on apprend un cancer. Elle nous partage son vécu comme un voyage personnel et profond qui implique de traverser la maladie, d’en affronter les deuils associés et de se réinventer.

de la maladie à la transformation intérieure
Pour parler des étapes de sa guérison, Victorine prend la métaphore de la chenille au papillon pour révéler les transformations intérieures que la maladie a provoqué et comment le cancer a redéfini sa vie.
Avant la maladie, c’est la chenille 🐛
Cette étape correspond au mode automatique : nous sommes dans nos anciens fonctionnements, nous ne prenons pas la juste valeur de l’instant ou de la vie, nous pensons pouvoir contrôler beaucoup de chose comme si l’impermanence n’existait pas, nous restons dans notre illusion du contrôle et nous pensons (ou essayons de nous convaincre) que tout cela n’arrive qu’aux autres…
Puis vient l’annonce et la maladie, c’est la chrysalide, un retour en soi et dans sa bulle 🫧
C’est le moment de basculement et d’introspection, là où l’on prend conscience de tous les impacts de la maladie, là nos fondations se fissurent et s’écroulent pour certaines. Que nous le voulions ou non, nous n’avons pas le choix d’écouter et de suivre les besoins de notre corps. C’est une phase où l’on traverse de nombreux deuils physiques et symboliques :
- Deuil de la santé idéale : notre corps nous parle et nous devons en prendre soin
- Deuil de notre personnalité : la guérison est physique, émotionnelle (et spirituelle)
- Deuil de nos projets et choix de vie : je voulais faire ceci, aujourd’hui en raison de la maladie, je ne peux plus mais étaient-ce les bons choix de vie ? est-ce que je me sentais aligné(e) sans peur des à priori et des jugements ?
- Deuil et renaissance de la notion du bonheur : est-ce être en paix ou être riche ?
Devenir papillon et sortir de ce cocon, c’est la rémission 🦋
La rémission ne correspond pas à la guérison. C’est ne plus être malade mais ne pas être à l’abri d’une rechute ce qui peut développer une peur de la maladie et de l’inconnu, handicapante dans la vie quotidienne.
C’est ici qu’on voit le avant / après. C’est une période qui peut être perturbante pour soi et pour les proches qui ne comprennent pas toujours ce « revirement de situation » car :
- On a appris à se connaître, on sait et on a le courage d’être et de faire ce que l’on veut vraiment, au lieu de suivre un chemin dicté par les attentes sociales, on crée son propre tracé.
- On n’est plus la même personne qu’avant sans savoir qui on est totalement, notre identité se redéfinit.
- Nos proches s’accrochent à un souvenir et à la personne que l’on était, il faut parfois se gérer soi et les autres.
La phase de rémission, c’est une préparation à l’envol et à faire face aux difficultés de cette nouvelle étape de la maladie. Du jour au lendemain, alors que nous étions soutenu et accompagné par le milieu médical, nous nous retrouvons seul(e). Pour autant, de nouvelles problématiques font surface et il est important d’être accompagné(e) y compris dans l’après maladie, c’est pourquoi Victorine Boyer a écrit un second livre qui s’intitule : Vivre en rémission d’un cancer.

L’envol, c’est l’après rémission quand tous les apprentissages du chemin du cancer (ou de la maladie) sont mis en pratique 🪽
On pourrait se dire que ça y est, les traitements sont terminés, la personne est « délivrée« . Mais non !
Il faut se réapproprier son corps, se reconstruire, (re)trouver les piliers de son identité façonnée par l’expérience du cancer (ou de la maladie). La maladie nous a mis à l’arrêt et nous a plongé dans une quête de sens, un besoin de compréhension, une exploration profonde de nous-même et de notre rapport aux autres.

Comment se relever face à la maladie, face au cancer, face à cette vie qui nous semble injuste ?
Comme nous l’avons exprimé précédemment, la maladie bouscule nos fondations, nos perceptions et nos croyances, un travail en thérapie peut être aidant pour (re)trouver un équilibre : hypnose, neurofeedback, sophrologie… Nous en parlions avec Marlène dans l’épisode n°3 et dans cet article.
Pour poursuivre la métaphore de la chenille au papillon, rappelons nous que : « ce que la chenille appelle la mort, le papillon l’appelle renaissance« . Autrement dit, les morts physiques comme symboliques de nos vies sont des passages et non des fins en soi. Cette compréhension l’a aidé à trouver une certaine paix avec la mortalité des êtres humains et de l’intégrer à son parcours de reconstruction.
Comme dans nombreux témoignages, Victorine nous exprime aussi l’importance de la présence des proches pour nous soutenir, nous aider, nous consoler ou simplement être présent. Pourtant, nous ne savons pas toujours comment réagir et soutenir une personne en difficulté, c’est pourquoi nous avons créé l’atelier « Soutenir une personne endeuillée« . Infos et inscription sur ce lien.
Néanmoins, nous restons notre meilleur(e) allié(e) pour parcourir ce chemin, notre chemin. Notre invitée insiste sur la fait que le véritable pouvoir réside en chacun de nous, un pouvoir de choix et d’action : « On est le réalisateur et non l’acteur de sa vie« . C’est une invitation à reprendre le contrôle pour ne pas subir les circonstances mais faire des choix conscients qui nous rapprochent de nos véritables aspirations.
Il n’y a pas que octobre qui doit être rose…
La fin d’Octobre rose ne signifie pas la fin de la sensibilisation. En écoutant des témoignages comme celui de Victorine Boyer, nous comprenons que le cancer est bien plus qu’un mois de prévention. C’est un chemin de vie qui continue bien au-delà des traitements, un processus de deuil, de renaissance et de résilience.
Aujourd’hui, Victorine Boyer partage son expérience et ses apprentissages de manière pédagogique, bienveillante et inspirante pour toutes les personnes touchées par le cancer et pour leurs proches, elle nous offre une illustration vivante de la transformation possible après l’épreuve. Vous pouvez la retrouver sur les réseaux sociaux sous le pseudo @victoriiineee comme un cri du cœur.
J’espère que cet épisode permettra de voir le cancer non pas seulement comme une maladie à combattre, mais aussi comme une occasion de réapprendre à vivre, à aimer, et à se redécouvrir.
Suivre et écouter le podcast :
En lien avec ce témoignage, vous pouvez découvrir les épisodes suivants :
- Episode n°43 avec Helen sur le retour à l’emploi après une maladie
- Episode n°34 avec Caroline sur les deuils en tant que proche aidant(e)
En savoir plus sur Sonothérapie • Expression émotionnelle • Développement des compétences psychosociales
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
