Quand on parle d’écologie, sais-tu réellement de quoi on parle ?
Pour toi, est-ce uniquement associé à l’environnement et la biodiversité ?
Admettre que nos sociétés ont besoin d’évoluer pour prendre en compte les enjeux climatiques, n’est-ce pas faire face à un deuil ? Un deuil individuel, un deuil collectif, les deux ?

Profiter de la rentrée pour prendre des nouvelles habitudes :
Sais-tu ce qui s’est passé le 1er août 2024 ? Tu étais sûrement en vacances, et comme chaque année, cette information importante passe inaperçue pendant l’été : le jour du dépassement. Il s’agit du moment où l’humanité a consommé plus de ressources naturelles que ce que la Terre produit en une année…
Autrement dit cela fait plus d’un mois que nous vivons à crédit ! En guise de comparaison, en 1970, ce jour tombait le 29 décembre, cela montre l’urgence écologique dans laquelle nous vivons.
La rentrée marque souvent une période de renouveau et de changements. C’est le moment idéal pour adopter de nouvelles habitudes et revoir nos priorités. Avec Constance, mon invitée de l’épisode n°70, nous nous sommes demandées : l’écologie nécessite un/des deuil(s) ?

Deuil et écologie : en quoi ces deux concepts sont-ils liés ?
L’écologie, du grec oikos « maison, habitat » et logos « discours », est la science de l’habitat et de la maison, elle englobe la biodiversité, la climatologie, l’étude des ressources naturelles. Mais qu’arrive-t-il lorsque cette « maison » se détériore sous nos yeux ?
Nous faisons face à un changement de notre environnement. Chez Holiatma, tout changement étant considéré comme un deuil, nous pouvons nous demander : quels sont les deuils que nous vivons / nous devrons vivre en raison de la crise écologique ?

Le deuil d’un monde d’avant :
Depuis de nombreuses décennies, notre fonctionnement se base sur la recherche de croissance. Cela a entraîné un mode de vie chez la plupart des pays développés caractérisés par :
- une consommation effrénée entraînant des achats inutiles et des phénomènes de gaspillage,
- des rêves d’abondance infinie avec une grande maison individuelle et des désirs sans limites.
Ce confort matériel n’a-t-il pas perdu sons sens aujourd’hui ? Ne doit-on pas proposer de nouveaux modèles ?
En gardant à l’esprit que le deuil peut aussi être une renaissance, faire le deuil d’un monde d’avant, c’est aussi permettre la (re)naissance d’un monde nouveau monde en adéquation avec les défis et les besoins de son temps.

Le deuil de l’innocence :
Quand nous regardons des documentaires, quand nous entendons les événements climatiques aux quatre coins de la planète et parfois même quand nous regardons à travers la fenêtre, nous prenons conscience des limites planétaires.
Ouvrir les yeux sur l’impact de nos choix actuels et passés, c’est ne plus être dans le déni autrement dit dire adieu à une certaine forme d’innocence. Cette prise de conscience n’est pas réjouissante, elle peut engendrer de l’inquiétude, du désespoir mais aussi, une forte envie de se mettre en action.
Dans quel monde allons-nous vivre demain ? Allons-nous vivre ou devoir survivre ?

Le deuil du futur tel qu’on l’imaginait :
Quand on regarde la réalité telle qu’elle est, on voit clairement l’effondrement de la biodiversité ou les mouvements de population créés par les catastrophes climatiques. Avec toutes ces informations, l’avenir nous semble moins certain…
En tant qu’êtres humains, nous avons un fort besoin de contrôler pour se sentir en sécurité. Notre inaction pour stopper les conséquences de la crise écologique, notre incapacité à accepter le changement ou notre impuissance à faire plus que ce que l’on fait peut générer de l’angoisse, notamment chez les plus jeunes générations.
Cela a des conséquences profondes sur la santé mentale révélées par l’augmentation de l’éco-anxiété, la baisse de la natalité et le mouvement noKid, par exemples.
Quelle planète allons-nous laisser à nos enfants ? Mais du coup, dois-je faire des enfants ?
Avoir un enfant a-t-il encore du sens dans ce monde ?
Deuil collectif, deuil individuel ou les deux ?
Ces deuils sont, à la fois, personnels et collectifs :
- Personnel car, chaque geste compte et que nous sommes responsables de nos choix et de notre impact ou non sur l’écologie.
- Collectif car, il est nécessaire qu’un changement global et systémique se mette en plus pour permettre à l’humanité de se créer un avenir plus durable que celui vers lequel nous nous dirigeons aujourd’hui
Dans l’épisode n°48 avec Bérénice, mon invitée mentionnait son questionnement sur le sens de son travail : Dois-je rester dans ce métier qui cautionne et / ou qui alimente cette crise climatique ? Est-ce que je me sens aligné.e avec cela, si non que puis-je faire à mon niveau ?
Ce qui est questionné, c’est le sens donné à nos actions individuelles et sociales.
Peut-on transformer ces deuils en opportunités ?
L’un des freins à nos habitudes pour créer le monde de demain, c’est l’écologie punitive. Il s’agit de politiques ou d’actions restrictives, répressives ou pénalisantes pour protéger l’environnement. Ce fonctionnement se fait plutôt contre les citoyen.nes, ce qui crée un sentiment d’injustice et de punition.
Faire ensemble, faire dans la joie et réenchanter le changement pour donner envie de s’impliquer dans les défis écologiques : est-ce possible ? Oui et cela s’appelle l’écologie positive. Plutôt que d’interdire, cette approche met l’accent sur les opportunités et les solutions, encourage les initiatives durables et innovantes ou valorisent des changements de comportements écoresponsables.

Des idées d’actions pour changer à son niveau :
Il s’agit de créer de nouveaux imaginaires où le paratage, la solidarité, la création de liens, l’ouverture aux autres et le retour à la nature sont valorisés comme un confort immatériel mais source de bonheur.
- Aller à des conférences pour comprendre les enjeux et découvrir des pistes de réflexion,
- Ecouter des podcasts, regarder des documentaires, lire des livres sur le sujet,
- Camille Etienne – Pour un réveil écologique
- Jean Marc Jancovici – Le monde sans fin
- Arthur Auboeuf – Le monde est avenir
- Salome Saqué – Sois jeune et tais toi
- Bon Pote
- Shift project
- Timothée Parrique
- Podcast Nouvel Oeil de Victoria Guillomon
- Rapport du GIEC
- En parler autour de soi : quelles sont les pratiques de chacun.e ?
- Songer (et pourquoi pas essayer) les habitats participatifs ou les écolieux,
- Se former à des modèles de coopération ou s’intéresser au travail qui relie,
- Participer à des actions locales : ramassage de déchets, nettoyage de plages, signer des pétitions en ligne…
- Découvrir les fresques et les ateliers de sensibilisation : 2 tonnes, fresque du climat, the week…
- Revenir en nature, se former à la reconnaissance des arbres, à l’utilisation des plantes…
- Tester d’autres manières de consommer, essayer le vrac et / ou le commerce de proximité,
- Réduire sa consommation de viande,
- S’engager dans des actions de désobéissance civile : Extinction Rébellion, Riposte Alimentaire, Dernière Rénovation…
Alors oui, quand on parle d’écologie, des deuils sont à faire. Ces deuils peuvent aussi devenir moteur de transformation. En développant une approche joyeuse et engagée de la transition à travers des actions concrètes et en se réinventant collectivement, nous pouvons prendre plaisir au changement.
De nature, l’humain n’aime pas changer. Alors, si le chemin semble semé d’embûches, de punitions et de restrictions, ce changement est encore moins « sexy« … Si nous troquons cette vision du fardeau pour mettre joie et inspiration sur le chemin peut-être arriverons nous à traverser les changements (et les deuils) nécessaires à l’émergence d’un futur plus vivable que le constat qui se dresse à nous aujourd’hui.
Dans cet épisode, nous avons voulu aborder l’écologie sous l’angle des deuils pour vous inviter à ne pas rester dans la tristesse ou à envier le passé, ces deuils peuvent devenir la force motrice nécessaire pour un avenir meilleur.
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