Si l’on pose la question : quel est le deuil le plus difficile selon vous ?
Une très grande majorité répondra le décès d’un enfant.

En effet, le décès d’un enfant est souvent considéré comme l’une des expériences les plus dévastatrices de la vie. La perte d’un enfant, qu’importe son âge et les modalités du décès, bouleverse tout l’environnement familial.
Les paranges (parents ayant perdu un enfant, maintenant parents d’un petit ange) décrivent cette douleur comme intense et durable. La mort d’un enfant contredit l’ordre naturel des choses. Nous nous attendons à voir grandir les enfants, que les parents et adultes plus âgés partent avant eux.
En plus des impacts émotionnels et physiques traditionnels du deuil, le décès d’un enfant engendre :
- des sentiments d’injustice : pourquoi moi, pourquoi nous, pourquoi lui, pourquoi elle…
- un vide monumental au quotidien, d’autant plus lorsque l’enfant n’était pas encore adulte,
- de la culpabilité selon les circonstances de la mort
- une perte de sens et d’identité : qui / que vais-je devenir sans mon enfant ?
Les recherches en psychologie montrent que le deuil parental affecte toutes les dimensions de la vie (santé mentale et physique, relations personnelles, fonctionnement au quotidien). Selon la situation, la personnalité et les ressources à disposition, certains parents peuvent éprouver une dépression, des troubles anxieux, voire des pensées suicidaires.
Oui, le deuil d’un enfant est différent des autres deuils :
- Le lien d’attachement entre un parent et son enfant est unique,
- Ce lien se forge dès la conception de l’enfant,
- L’arrivée et la naissance d’un enfant transforme positivement la vie des parents dans toutes les sphères du quotidien, son décès transforme leur vie négativement…
Pour autant, il est important de rappeler, une fois de plus, que :
- chaque deuil est personnel,
- l’impact de la perte varie d’un individu à l’autre selon sa résilience personnelle,
- certains facteurs peuvent être aidants : soutien sociale, croyances religieuses ou spirituelles…
Bien que le décès d’un enfant soit généralement considéré comme une des épreuves les plus douloureuses, il est possible de se reconstruire, il est possible de sourire à nouveau à la vie et célébrer sa beauté, sa fragilité, il est possible de transformer le lien d’attachement à ce petit ange décédé en lui faisant une nouvelle place dans notre cœur et notre quotidien.
Ce chemin, Astrid l’a parcouru après le décès de leur petit Louis et elle nous en fait part dans l’épisode n°66 sur Holi&Thanato.
Faire Face à la Perte de son Enfant dans un Accident Domestique

Comme nous l’avons dit, perdre un enfant n’est pas dans l’ordre des choses, cela nous semble impossible et inconcevable… Pour Astrid Houssin et sa famille, cette tragédie est devenue une réalité lorsque la maison a pris feu et que Louis a perdu la vie dans cet incendie domestique.
Astrid nous raconte qu’au moment de l’annonce du décès de son fils, certes elle s’est effondrée car, en un instant, la vie s’arrête et le monde s’écroule emportant tout sur son passage. Rien ne sera plus comme avant, d’un coup le futur n’existe plus, seul compte le présent. Mais après l’annonce, le mode pilote automatique s’est enclenché pour gérer l’administratif et les funérailles, ce n’est qu’après que la prise de conscience réelle et fracassante a eu lieu.
Les montagnes russes du deuil :
Tout au long de sa reconstruction, Astrid a navigué des hauts et des (très) bas.
Les (très) bas qu’elle a dû combatre pour retrouver confiance en la vie :
Le décès d’un enfant est illogique aux yeux de la société. Ne sachant pas comment en parler et s’en occuper, nous évitons d’en parler. Pour Astrid, il a été difficile d’avoir l’impression de devoir « cacher ce deuil« . Elle estime ne pas avoir reçu le soutien adéquat de l’administration française qui, par exemple, avait enlevé Louis du livret de famille, comme s’il n’avait pas existé…
Le covid a été un aggravateur de son deuil : Le décès de Louis en 2019 a été suivi de près par la crise du Covid-19 et les confinements successifs que nous avons connus. En conséquence, Astrid et sa famille n’ont pas pu réaliser tout ce qu’il aurait souhaité pour le petit Louis et recevoir le soutien et la présence qui les a tant aidées pourtant sur leur chemin de deuil.
Cet isolement extrême a poussé Astrid à l’impensable. A bout de force et voulant retrouver son fils à tout prix, elle a fait une tentative de suicide. Sauvée par sa mère et son mari, elle a accepté de se soigner pour Louis, pour sa famille et pour la vie. Ce chemin fût long mais son témoignage doux et poignant à la fois nous montre que rien n’est impossible.
Les hauts qui ont donné de l’espoir à astrid pour se relever :

Tout au long de sa reconstruction, Astrid a gardé un œil sur les petits bonheurs du quotidien, c’est aussi là qu’elle a puisé sa résilience et l’espoir possible d’un futur joyeux.
Comprendre les étapes du deuil a été important pour Astrid (comme pour beaucoup d’endeuillés). S’enrichir de l’expertise des professionnels sur le « comment se passe un deuil ? » ou lire les témoignages d’autres personnes ayant vécu un deuil (ici des parents) est salvateur. Cela permet de se situer sur son propre chemin, de savoir où nous en sommes mais aussi, de comprendre que le deuil est propre à chacun : je fais mon deuil autant que le deuil me fait.
Alors que ce deuil était comme « invisibilisé » par l’administration, les nouveaux termes de mamange, papange et paranges, ont été aidants pour reconnaître la perte de leur enfant, légitimer leur identité de parents malgré la disparition de Louis mais aussi, trouver des personnes ayant vécu le même type de deuil sur les réseaux en se servant de hashtags : #mamange – #papange – #parange
En termes de soutien, Astrid et sa famille ont pu se faire accompagner psychologiquement et assister à des groupes de parole avec l’Association Vivre son deuil par exemple. La présence de leur famille depuis 5 ans est inestimable et ensemble, ils ont créé des rituels réconfortants pour mettre de la vie dans la mort et rendre un hommage vivant au petit Louis : chaque année le 30 août, date de décès de Louis, ils organisent une garden party en mémoire de Louis et ils plantent de nombreux rosiers partout dans le jardin.
L’écriture thérapeutique

Nous en parlions dans un épisode avec Gauthier, l’écriture a des bienfaits notables sur le chemin du deuil. En 2024, notre invitée a donné vie à cette histoire familiale dans son livre : Louis, l’ange de ma résilience. Cette écriture thérapeutique lui a permis de coucher sur le papier sa peine et son espoir. En partageant ce que sa famille a traversé, Astrid donne du sens à cet événement.
Son témoignage est un message d’espoir et une aide pour les parents confrontés à la perte d’un enfant, mais aussi pour tout à chacun afin de comprendre qu’aussi terrible soit la mort d’un proche, nous pouvons nous relever, nous reconstruire et rendre hommage à cet être autrement en troquant nos larmes pour son absence à des sourires pour sa présence impalpable et tout ce que nous avons vécu.
Le deuil est un voyage, sans bon ou mauvais chemin. Ce qui importe, c’est de parcourir ce chemin à son rythme et avec ses propres ressources.
Pour conclure :
Le témoignage d’Astrid Houssin est une puissante illustration de la résilience humaine face à la perte la plus dévastatrice qui soit.
L’histoire du petit Louis est un puissant rappel, à la fois, de la fragilité de la vie et de la force de l’esprit humain. Le courage de sa famille rappelle que, même dans les ténèbres, il est possible de trouver une lumière et de reconstruire une vie pleine de sens.
Bravo Astrid pour ta force et merci pour ta présence sur Holi&Thanato 🙏
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