La mort : universelle, intergénérationnelle et vecteur de liens

Connaissez-vous un autre sujet que la mort qui nous relie universellement les uns aux autres ?

La mort, point commun de L’Humanité

La mort est, sans aucun doute, le point commun de tous les êtres humains. Nous sommes tous des mortels, quel que soit notre statut social, notre richesse, notre pouvoir ou notre influence. L’expérience de la fin de vie est inévitable, et pourtant, elle demeure un sujet que beaucoup évitent, redoutent ou jugent difficile à aborder. Pourtant, si la mort fait partie de notre condition humaine, pourquoi la considérer comme un sujet tabou ou inaccessible ?

Chez Holiatma, la mort est loin d’être perçue comme une fin solitaire mais plutôt comme un puissant vecteur de liens entre les individus et les générations. La mort est un sujet qui nous unit, nous relie et nous invite à une profonde réflexion sur le sens de la vie.


La mort, vecteur de rapprochement entre humains

La mort est, à la fois, un phénomène universel et profondément humain. Comment connecter les gens autour de ce sujet qui, à première vue, semble si effrayant ou incompréhensible pour certain.es ?

La mort nous reconnecte à notre nature humaine

La mort brise les barrières sociales, culturelles et économiques. Face à elle, nos plus grandes richesses, nos statuts et toutes nos connaissances nous seront d’aucune utilité, car il n’y a pas de distinction entre les individus face à la fin de vie.

Tous, nous devrons un jour faire face au départ de nos proches et à notre propre mort. Intuitivement, nous dirions que ce constat est déprimant, et si nous le voyons plutôt comme un vecteur de liens et un puissant moyen de rapprochement ? 🫂

Savez vous qu’une vie humaine de 80 ans équivaut environ à 4000 semaines ? A la lecture de ce chiffre, la vie nous paraît soudain beaucoup plus courte et une urgence de vivre se fait sentir. Comme quoi, parler de la mort, c’est aussi parler de la vie ✨

Les apéros de la mort ou apéros mortels, sont de beaux exemples pour illustrer les liens qui se créent quand on parle de nos défunts et qu’on dépose notre vulnérabilité face à la mort. Ce concept gagne en popularité et nous en avions déjà parlé avec Sarah Dumont, fondatrice de Happyend dans l’épisode 36.

Ce sont des moments conviviaux où des groupes de personnes se rassemblent pour discuter librement de la mort, de leurs peurs, de leurs croyances et de leurs expériences de deuil. Ces échanges permettent de dépasser les tabous et de créer un lien humain, sincère et vulnérable. En partageant ces moments, les individus se rappellent que, quelle que soit la manière dont on vit la fin de vie, la mort est un phénomène auquel chacun est confronté.

La mort est universelle, le vécu et l’expérience sont uniques

Chaque personne vivra une ou plusieurs morts, c’est une expérience universelle. Mais, chaque personne vivra la perte d’un proche à sa manière, influencée par son histoire, sa culture, son environnement familial et même ses deuils passés, c’est un vécu personnel.

C’est cette individualité de l’expérience qui rend chaque processus de deuil unique et profondément humain. Chacun traverse cette épreuve en fonction de son propre vécu, de ses croyances et de ses ressources émotionnelles.


Comment parler de la mort à tous les âges ?

La mort concerne toutes les générations. Mais comment en parler, surtout avec les enfants et les aînés ? Les discussions autour de la fin de vie sont souvent évitées, pourtant depuis plusieurs siècles déjà, les philosophes les considèrent comme essentielles pour comprendre et accepter la mort.

Avec les enfants

Par leur innocence et leur curiosité naturelle, les enfants abordent la mort sans les filtres de la société adulte. Leur vision est pure et directe. Il est important de leur offrir un espace pour poser des questions et exprimer leurs émotions, nous reviendrons sur ces sujets en 2025 avec l’interview de Hélène Romano.

Ne pas parler de la mort ne la rend pas moins présente. Au contraire, cela crée une forme de tabou qui peut devenir anxiogène. Mais d’un autre côté, nous ignorons quoi faire, quoi dire et comment le dire. C’est ce que j’abordais dans l’émission de radio Vie de Familles sur RCF : Parler de la mort et des deuils avec les enfants 🚸

Aujourd’hui, nous n’avons que très peu de démarches mises en place pour parler de ces sujets avec pédagogie. Pourtant, l’éducation à la mortalité dans les écoles a révélé que les jeunes, même dès l’âge de 12 ans, portent souvent une charge émotionnelle importante liée à des expériences de deuil vécues dans leur entourage.

Aurélie Viard, créatrice de la chouette funéraire et invitée de l’épisode n°85, a proposé des chocolats chaud mortels dans les écoles. Le principe est le même que les apéros de la mort en adaptant le langage, le contenu, les réponses et la posture.

Elle a pu remarquer que les enfants ont de nombreuses questions sur le matériel utilisé, le déroulement des obsèques, la destination des cendres, la décomposition du corps, le suicide ou comment soutenir un proche en deuil…

Ces jeunes expriment un manque des grands parents peu connus et souffrent souvent de l’absence de cadre pour en parler ouvertement. La souffrance du deuil est réelle à tous les âges, et la discussion est un premier pas pour alléger cette douleur.

Avec les aînés

Les séniors, qui sont plus proches de la fin de vie, ont généralement un rapport plus apaisé à la mort. Cependant, ce n’est pas toujours le cas. Dans les maisons de retraite ou en EHPAD, par exemple, la question de la fin de vie est essentielle.

De nombreuses personnes âgées vivent leurs derniers moments dans la solitude ou dans une forme de déni collective. Nous avions parlé de ces sujets avec Justine dans l’épisode n°16. C’est pourquoi je propose aux établissements de santé de mettre en place des ateliers de sensibilisation sur le deuil, la mort et la fin de vie, de créer des espaces de parole à destination des patients et des groupes d’expression pour soutenir et soulager les soignants. Plus d’informations ici.

Il est crucial d’instaurer un dialogue autour de la mort, de permettre à chacun de réfléchir à ses souhaits et d’ouvrir la voie à des discussions sincères. Nous en discutions avec Noémie dans l’épisode n°42 qui traite du deuil de soi et des leçons de la fin de vie.


S’intéresser à la mort pour reconnecter à la vie

  • En discutant de la fin de vie, nous prenons conscience de nos besoins fondamentaux : soutien, accompagnement, informations, présence.
  • Lorsque nous réfléchissons à notre propre mort, nous faisons l’expérience d’une prise de conscience qui nous reconnecte à la vie. La réflexion sur la fin de notre existence peut nous pousser à vivre plus pleinement, à reconsidérer nos priorités, à changer nos relations et à nous tourner vers ce qui est vraiment important.

Des dispositifs comme les directives anticipées nous permettent d’anticiper la fin de vie, de nous assurer que nos désirs seront respectés, et d’offrir à nos proches une forme de soulagement face à l’incertitude. Ce dialogue sur la mort, loin d’être morbide, est une invitation à vivre de manière plus authentique et plus présente. Afin de creuser ces points, je vous invite à écouter l’épisode 21 avec Lucie.


Aborder la mort ne signifie pas se concentrer uniquement sur la fin de l’existence, mais bien sur la manière dont nous choisissons de la vivre et de vivre nos vies d’ici là.

L’initiative du podcast Holi&Thanato sert cet objectif et offre un espace de réflexion et d’expression autour de la mort et du deuil. Notre invitée, Aurélie Viard, a aussi créée une chaîne Youtube, « La Mort Concrétement » ainsi que deux spectacles-conférences qui permettent d’éclairer les croyances, d’explorer les rituels et d’ouvrir les cœurs et les esprits à la compréhension et à la bienveillance.

En abordant la mort sous tous ses aspects personnel, intergénérationnel, collectif nous permettons à ce sujet universel de nous rapprocher, de nous comprendre et de nous rappeler que, tant que nous sommes vivants, chaque instant compte. La mort, loin d’être une fin, est une invitation à embrasser pleinement la vie et les liens qui nous unissent.

💡La mort est une expérience universelle mais, personne ne nous a appris à y faire face et à soutenir celles et ceux qui traversent une période de deuil ou de vulnérabilité. Le 23 janvier à 18h pour la journée des solidarités, j’organise une conférence en ligne à tarif libre et conscient pour vous donner les clés d’une posture soutenante 🫂 Toutes les informations sont sur ce lien.


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