Vers une reconnaissance du deuil animalier ?

Perdre un animal de compagnie est une expérience dévastatrice. Nos compagnons, souvent considérés comme des membres de la famille, laissent un vide immense lorsqu’ils nous quittent.

Cependant, le deuil animalier est souvent minimisé ou ignoré par la société, ce qui rend cette douleur encore plus difficile à traverser. Heureusement, des changements positifs se dessinent, offrant plus de reconnaissance et de soutien pour celles et ceux qui traversent ce deuil.

Le deuil animalier, un deuil minimisé

Bien que des évolutions voient le jour dans nos sociétés, ce deuil reste encore minimisé et perçu comme un chagrin moins légitime que d’autres pertes. Pourquoi ? La réponse se comprend facilement dans cette phrase : « ce n’était qu’un animal« .

  • Les animaux de compagnie, bien que précieux, ne sont pas toujours considérés par les non-propriétaires comme des membres à part entière de la famille. Il y a une forme de hiérarchie implicite qui valorisent les vies humaines par rapport à celles des animaux. Rappelons que le deuil est unique et que chaque vécu est propre à chaque endeuillé, il est important de ne pas comparer ces deux types de deuils (comme les autres d’ailleurs!)
  • Bien que des initiatives voient le jour, il existe peu de rituels ou de cérémonies pour marquer la perte d’un animal ce qui peut faire croire que ce deuil n’est pas digne d’être pleinement reconnu.
  • A l’inverse de la perte d’un être humain qu’on ne peut pas remplacer, on peut entendre cette phrase : « tu peux en avoir un autre« . Factuellement, cela est vrai, mais dans les faits, un autre animal ne remplace pas celui qu’on a perdu et ne rend pas la perte plus facile, au contraire parfois !

Ces raisons amènent volontairement ou non à sous-estimer l’impact de la perte d’un animal.

En conséquence, celles et ceux qui vivent ce deuil peuvent se sentir ridicule voire honteux.se de ressentir tant de peine. Les réactions de l’entourage, même si elles peuvent être bien intentionnées, intensifient cette incompréhension et le sentiment de solitude. De nombreux maître vivent leur deuil en silence par peur du regard et du jugement des autres comme si c’était exagéré ou fait exprès.

Nous abordions cette non légitimité du deuil animalier dans le monde professionnel avec Faustine dans l’épisode n°31 et sur cet article.

Légitimer le deuil animalier

Pour bien comprendre, il est essentiel de reconnaître que :

  • Le deuil animalier est un processus émotionnel qui déclenche tristesse, solitude, désorientation, autrement dit les impacts psychologiques sont réels pour le propriétaire endeuillé. Selon le type de décès brutal, accidentel ou par vieillesse, l’acceptation ne se fait pas au même rythme.
  • Même si ce n’est pas notre cas, les animaux de compagnie jouent un rôle significatif dans la vie de leurs maîtres notamment en apportant amour, compagnie et soutien inconditionnel. Ainsi, leur absence crée un vide physique et émotionnel considérable.
  • La douleur de leur perte ne dépend pas du type d’être décédé (humain ou animal) mais du lien que nous avons avec cet être. Perdre son animal peut être plus impactant émotionnellement que de perdre une personne proche de notre famille avec qui nous n’avions pas de lien.

Les questions souvent posées

1. Est-il normal de pleurer autant pour un animal ?
Oui, la tristesse ressentie après la perte d’un animal est tout à fait normale. Comme évoqué précédemment, chaque relation est unique, et la douleur ressentie est le reflet de l’importance du lien.

2. Dois-je reprendre un autre animal tout de suite ?
Cela dépend de chaque personne. Certains trouvent du réconfort en adoptant un nouvel animal rapidement, tandis que d’autres préfèrent attendre. Il est important de respecter votre propre rythme et d’avoir une réflexion sur la notion de relation pansement : est-on prêt à reprendre un animal ou cherchons-nous à remplacer / retrouver celui que nous avons perdu ? Il faut aussi être conscient qu’un jour ou l’autre, un nouveau deuil croisera notre chemin avec ce nouvel (ou futur) animal.

3. Comment gérer la culpabilité liée à la mort de mon animal ?
La culpabilité est fréquente, surtout en cas de mort subite ou d’accident. Il est important de se rappeler que vous avez fait de votre mieux pour prendre soin de votre compagnon, et que certaines choses échappent à notre contrôle.

4. Pourquoi est-ce que je ressens autant de douleur physique dans mon corps ?
Le deuil affecte non seulement l’esprit mais aussi le corps. Les tensions, le stress, et la tristesse peuvent se manifester physiquement, c’est pourquoi il est important de s’autoriser à exprimer ses émotions. Je vous invite à écouter l’épisode n°67 avec David ou l’article qui aborde les impacts du deuil sur notre santé physique.

Reconnaître la perte d’un animal

Si vous êtes un proche et que vous n’avez pas d’animaux, il peut être difficile pour vous de comprendre l’intensité de cette perte. Malgré tout, vous pourriez avoir envie d’être présent(e) sans savoir quoi dire ni comment réagir. Dans ce cas, ouvrez simplement votre cœur, exprimez votre vérité tout en légitimant le vécu de la personne et en cherchant à savoir comment la soutenir dans cette période difficile : « Tu sais, il est difficile pour moi de comprendre ta peine car je n’ai pas d’animal. Mais je vois à quel point le départ de… t’affecte. Sache que je suis là si tu as envie de parler et je ferai mon maximum pour ne pas avoir de mots maladroits« .

Au niveau sociétal, de nouvelles initiatives voient le jour :

  • Nous avons entendu parlé en 2024 d’une réflexion sur le congé deuil animalier. Des entreprises comme Wamiz ou Santévet l’ont déjà mis en place et cette pratique permette de reconnaître l’importance des relations entre humains et animaux.
  • Les pompes funèbres pour animaux comme Esthima (qui partagera bientôt le micro de Holi&Thanato) ou des initiatives comme Canopiae, créateur d’urnes funéraires pour animaux, permettent de rendre hommage de manière digne et respectueuse à nos compagnons.
  • Un soutien psychologique spécialisé dans le deuil animalier se développe de plus en plus, comme les accompagnements de Irène Combres ou la proposition des cafés compagnons chez Happyend.

Rendre hommage à notre animal

Les rituels revêtent toute leur importance dans le processus de deuil. Il n’y a pas de protocole type à faire ou à ne pas faire. Dans ces moments, il est important de s’écouter : de quoi ai-je besoin pour faciliter cette perte ? qu’est-ce qui peut m’aider ?

Qu’il s’agisse d’une incinération individuelle avec ou sans représentation du corps de votre animal, de la création d’une page hommage en ligne ou dans un livre photo, d’un autel à la maison, d’une photo accrochée quelque part ou un autre souvenir tangible comme un collier ou un médaillon, ces initiatives vous permettent de montrer publiquement votre peine, de rendre visible ce deuil et de ne plus l’ignorer pour le vivre sans honte mais avec soutien !

Le deuil animalier mérite d’être mieux considéré, légitimé, entendu et écouté comme on accorde de l’attention et du respect aux autres formes de deuil. Il ne s’agit pas de comparer mais de dire que la perte d’un animal est un réel deuil traversant le même processus que tous les autres deuils.

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