L’expatriation est-elle un deuil ?

Pourquoi parler de deuil avec l’expatriation ?

Es-tu déjà parti.e à l’étranger ?
As-tu déjà quitté ton pays pour de nouvelles aventures à court ou long terme ?

Si oui, alors tu as dû ressentir à quel point ces expériences nous transforment, il y a un avant et un après voyage. Ce n’est pas pour rien qu’il existe mille et unes citations sur le sujet. Je prendrai celle-ci pour illustrer mon propos : « Voyager c’est voir le monde tel qu’il est et non pas comme on voudrait qu’il soit » de Damien Personnaz.

A travers cette phrase, on peut ressentir qu’il y a un changement de prisme qui s’opère quand on change d’environnement, qu’on part à l’aventure et qu’on découvre autre chose que ce que l’on connaît déjà. Il y a des désillusions mais aussi de nombreux apprentissages.

Comme vous le savez, chez Holiatma, on aborde tout deuil comme un changement et tout changement comme un deuil. Aujourd’hui, nous allons parler de l’expatriation sous l’angle du deuil pour mieux comprendre les défis émotionnels auxquels les expatrié.s sont confrontés.

L’expatriation correspond au fait de partir habiter à l’étranger. Cette aventure semble plutôt excitante et offre des opportunités de croissance personnelle et professionnelle. Différemment de la perte d’un être cher, changer de pays et s’expatrier comportent des deuils, lesquels ?

Quels sont les deuils liés à l’expatriation ? 👀

Le deuil de la vie d’avant

Quand on part vivre dans un nouveau pays, c’est un nouveau quotidien auquel il faut s’habituer : nouvelle culture, nouvelle langue, nouvelle alimentation, nouveaux horaires, us et coutumes… Ce que nous avions construit dans notre pays d’origine, tous ces repères familiers, peuvent devenir caduques ou se transformer comme les relations amicales, notre lieu de vie ou nos habitudes quotidiennes.

Cette perte de familiarité peut entraîner un sentiment de déracinement et de désorientation si l’on ne s’est pas suffisamment bien préparé en amont de notre départ. L’expatriation comporte un double challenge : faire le deuil de notre ancienne vie tout en s’habituant à cette nouvelle vie, nous le verrons plus loin dans les phases de l’expatriation.

Le deuil des relations sociales

Bien que les technologies nous permettent de maintenir le lien, nos amitiés du pays d’origine peuvent s’effriter à cause de la distance. D’un autre côté, les amitiés nouées en expatriation peuvent être très éphémères. Les relations sont intenses, les expatriés passent beaucoup de temps ensemble avec cette épée de Damoclès au dessus de leur tête : je m’attache à cette personne mais je sais qu’elle va partir (ou que je vais partir) et que cette relation va se terminer.

L’expatriation est challengeante au niveau émotionnel. Il faut trouver l’équilibre pour s’attacher et s’impliquer dans la relation sans « mettre tous ces œufs dans le même panier ».

C’est apprécier chaque relation pour ce qu’elle est et ce qu’elle offre à l’instant présent et éviter la déception et la solitude en cas de départ de l’autre. C’est aussi un défi en terme social car cela implique d’aller vers les autres pour créer des relations et de ne pas s’isoler à l’autre bout du monde.

La naissance d’une nouvelle identité

Notre identité est souvent liée à notre environnement culturel et social. En quittant notre pays, les expatriés peuvent ressentir une perte d’identité. Or, c’est aussi une opportunité : tout deuil est une renaissance. La page est vierge, tout est à écrire autrement dit, l’expatriation invite à s’aligner d’avantage à qui nous sommes, à être authentique, à se montrer sous son vrai visage et ne plus porter ce masque pour plaire à tel groupe d’ami.es ou répondre à des injonctions sociétales.

Ce challenge d’être pleinement soi peut être déroutant, mais il est souvent riche d’apprentissages : tester de nouvelles choses, sortir de sa zone de confort, s’affirmer, s’assumer, faire ce que l’on aime, apprendre à mieux se connaître…

Les phases de l’expatriation

  1. Préparation (en amont) :
    • Faire un point sur soi, ses besoins et son futur environnement
    • Comment sera ma vie là bas ? Hobbies, besoins, activités, envies…
    • Plus on a connaissance des détails de la vie quotidienne, plus le choc culturel sera moindre.
  2. Lune de miel :
    • Tout est bien, tout est beau dans le meilleur du monde : c’est la focalisation sur le positif
    • Excitation de la nouveauté : découverte, émerveillement et impression de vacances
  3. Choc culturel :
    • Remise en question, doutes, peurs : c’est la focalisation sur le négatif, sur ce que l’on a perdu, sur la vie d’avant
    • Sensation de colère et de tristesse, défis d’adaptation, difficultés à trouver ces repères, résistance au nouveau quotidien d’où l’intérêt et l’importance de bien se préparer pour éviter les mauvaises surprises
  4. Adaptation :
    • Faire preuve de résilience en lâchant du lest sur ce qui déplaît et en trouvant l’équilibre entre la lune de miel et le choc culturel
    • Trouver de nouveaux repères, créer d’autres routines
  5. Maîtrise : mise en place d’un nouveau quotidien aligné entre identité d’origine et identité d’expatrié

Quelles stratégies pour gérer le deuil de l’expatriation ?

  1. Admettre les pertes et les émotions associées
    • Les envisager dès la phase de préparation si possible
    • Ne pas les minimiser ou les ignorer
  2. Prendre son temps, petit pas par petit pas
  3. Ne pas projeter son ancien quotidien et créer de nouveaux repères
    • Avoir des attentes réalistes
    • S’ouvrir à de nouvelles routines
    • Participer à des activités locales, s’immerger dans la culture
  4. Conserver le lien
    • Avec ses relations d’origine grâce aux techniques
    • S’impliquer socialement pour favoriser la rencontre : groupe facebook, lieux pour expatriés…
  5. Pour soulager le choc culturel :
    • Décharger ses émotions pour le mouvement, l’art, l’écriture (tu peux écouter l’épisode avec Gauthier à ce sujet)
    • Pratiquer la gratitude
    • Apprendre la langue pour favoriser l’adaptation

L’expatriation est une expérience à la fois complexe et riche en apprentissages. Reconnaître et comprendre ces pertes est crucial pour vivre cette transition avec sérénité, nous en parlons avec Sonia dans l’épisode n°59 : l’expatriation sous le prisme du deuil. En validant les émotions et en offrant des ressources pour naviguer ces défis, Sonia contribue au bien-être des expatriés et au succès dans leur nouvelle vie à l’étranger.

Suivre et écouter le podcast :


En savoir plus sur Sonothérapie • Expression émotionnelle • Développement des compétences psychosociales

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire